Oui, Mr. Le Chef de service, nous pouvons contractualiser AGILE !

Bon pour accord

En tant que consultant Agiliste, je côtoie régulièrement des clients hésitant à réaliser des projets selon une méthode AGILE (SCRUM dans 90% des cas) car sceptiques quant à la compatibilité avec leur mode de contractualisation. Dans une relation client-fournisseur il est devenu impensable de nos jours d’engager du budget sans contrat : fini le temps où une bonne poignée de main scellait pour l’éternité l’engagement pris oralement.

Pourtant, cher Mr. Le Chef de service, être « Agile » ne signifie pas être dans l’incapacité de mettre sur papier nos engagements mutuels.

Certes, vous trouverez de multiples articles en ligne (comme celui que vous lisez actuellement peut-être…) qui débattent de cette prétendue difficulté à contractualiser AGILE, mais nombre d’entre eux semblent prendre comme freins les valeurs du manifeste lui-même :

La collaboration avec les clients plus que la négociation contractuelle : traduit trop souvent par « AGILE = pas de contrat », ne nous méprenons pas. Nous parlons ici de négociation ce qui sous-entend déjà un écart par rapport à un périmètre sur lequel, cher Mr. Le Chef de service, nous nous serions entendus… sous la forme d’un contrat écrit, par exemple…

L’adaptation au changement plus que le suivi d’un plan : fausse bonne raison que de dire « nous ne pouvons être AGILE si nous devons suivre un plan déjà établi ! » En effet, combien de projets à engagement, c-à-d contractualisés à partir d’une liste à la Prévert d’exigences, aboutissent dans le respect total du périmètre initial ? Aucun à notre connaissance, et pourtant nous ne nous retrouvons pas à chaque fin de projet au tribunal…

Les individus et leurs interactions plus que les processus et les outils : là encore, je sais, cher Mr. le Chef de service que les Achats de votre multinationale nous imposent un contrat cadre donnant les différents jalons de paiement souvent calqués sur la livraison de certains éléments du produit final (SFG, SFD…) : oui, et alors ? Qui valide les livraisons ? Qui signe le PV de recette qui déclenchera le jalon de paiement ? Les Achats ? Non, c’est vous, Mr. le Chef de service : vous qui serez en interface avec nous tout au long du projet pour nous donner les orientations à prendre (Vous avez dit Product Owner ?). C’est donc une question de confiance.

Le mot est lâché : confiance !

« Mais Mr. L’Agiliste, la confiance ça ne se met pas par écrit ? »

« Non Mr. le Chef de service, cela s’acquière avec le temps, de façon plus ou moins rapide selon les personnes et surtout selon ce que l’on vous démontre.

C’est pourquoi, nous allons tout mettre en œuvre pour vous montrer rapidement, d’ici 2 ou 3 semaines (Vous avez dit Sprint ?) que nous sommes capables, ensemble, de créer un produit opérationnel de qualité, documenté et répondant déjà partiellement à vos principaux besoins tout en vous laissant la possibilité d’adapter celui-ci aux évolutions du marché.

Libre à vous alors, cher Mr. Le Chef de service, de signer ensuite le 1er PV de recette… »

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