Ma journée à Agile Laval 2016

Je déplore mon manque de rigueur sur la rédaction d’articles. Le partage d’expériences est pour moi l’un des moyens les plus efficaces pour apprendre autour de l’Agilité. Cette envie d’apprendre, de progresser, de partager avec les autres, au-delà des notions de confidentialité, de concurrence ou de « je suis le gourou » m’a toujours séduit dans la communauté Agile.

J’ai d’ailleurs rencontré Eric Siber lors de cette conférence et alors que je critiquais les propos que je venais d’entendre à une session, il m’a rappelé l’importance de cet état d’esprit de partage. Le contenu n’est donc peut-être pas le plus important mais c’est dans l’intention, l’envie de partager et surtout dans les échanges que ces événements ont une très grande valeur (spéciale dédicace à la première valeur du manifeste Agile).

Bref, j’écris cet article pour partager ma journée à Agile Laval 2016, car c’était justement un super moment de partage.

Keynote #1 : Etes vous prêts pour le grand saut ? Aurélien Morvant

Aurélien donne le ton rapidement : Cette keynote sera un parallèle entre l’une  de ses passions, moniteur de saut à l’élastique et une autre, accompagner les transformations Agiles.

L’analogie est très intéressante et bien construite. Entre autres il présente les caractéristiques communes de ces 2 « moments » :

  • Vivre quelque chose qui n’est pas naturel, avec du stress et de la peur par rapport à une situation jamais vécue auparavant
  • Le « J’ai payé tu sautes » d’un papa à son enfant qui se retrouve dans « Un coach agile est là pour t’aider et il coûte cher » dans le monde de l’entreprise
  • Dans les 2 cas, il faut trouver le sens que cela a pour soi et accepter la peur car elle est naturelle
  • Étendre sa zone de confort consiste à passer d’un état stable à un autre état stable. Pousser l’autre à le faire consiste à le mettre en zone de panique.

Aurélien nous explique que seul 10% des personnes nécessitent un véritable accompagnement pour faire le grand saut . C’est donc le travail fait avec ces 10% qu’il est intéressant de transposer à la transformation Agile d’une entreprise.

Nous avons aussi parlé des clefs de succès ou d’échec de ses transformations. Je citerais celles les plus percutantes de mon point de vue :

  • Il ne faut pas oublier qu’une transformation Agile s’inscrit dans un contexte. Bien souvent, il s’agit d’une Nième transformation et les acteurs de ces transformations sont souvent en perte de repères, avant même cette nouvelle transformation.
  • Bien chercher le « Pourquoi d’une transformation  » (Référence à Simon Sinek) et ne pas céder « à un effet de mode » ou au « faire plus vite pour moins cher »

Nous avons aussi fait un jeu autour de la notion du changement. Sans le dévoiler, le debrief était intéressant et subtil : »Nous ne sommes pas résistants au changement, mais résistants à être changé. »

Merci Aurélien pour cette Keynote.

Session #1 : From basic to scaling par Anthony Guilloteau & Ludovic Touzeau

En participant à cette session, j’étais venu chercher un retour d’expérience sur la mise à l’échelle de l’agilité.  Les jolis articles sur LESS, SAFE, Spotify, etc… sont biens mais reste de la théorie bien souvent. Légère déception car ce point était abordé peu de temps et en toute fin de prez.

Nos orateurs du jour ont démarré par un très large rappel des « bases » de Scrum basé sur leur propre expérience. J’ai noté entre autres 2 points que j’ai apprécié :

  • L’usage de Team mood numérique et team mood version Lego (avec une préférence pour le second) pour mesurer l’état d’esprit d’une équipe Agile.
  • L’analogie entre « Definition Of Done » et « Ai-je fini de ranger ma chambre? »

Concernant la mise à l’échelle, ils se posent une question : « A t-on grandi trop vite ? »

AgileLavalSession1Les écueils rencontrés sont assez classiques dans ces cas de mise à l’échelle : Cérémoniaux complexes à mettre en oeuvre, difficultés de coordinations, perte de qualité technique et documentaire et difficulté à contenir la dette technique.

Ils ont aménagés certaines réunions  : Une mêlée hebdomadaire à 23 avec un déroulement adapté, une répartition des US (1 seul backlog) sur les différentes équipes (3), une séance de backlog grooming pour mieux gérer le backlog, entre autres…

Après ces aménagements, ils se sont intéressées aux modèles de mise à l’échelle et ils ont constaté être très proches du modèle LESS.

Allez j’ose un Troll (en toute bienveillance pour nos 2 orateurs et les équipe de voyages-sncf.com) : Si les solutions naturelles et pragmatiques trouvées par ces 3 belles équipes consistent à faire du LESS, je ne vois pas pourquoi on en fait tout un fromage 🙂

Session #2 : Les tests en environnement Agile par Bertrand Cornanguer

En choisissant cette session, je souhaitais approfondir mes connaissances sur l’Agile Testing Agile. J’attendais donc des pratiques et/ou des fonctionnement d’équipe qui fluidifie cette activité parfois difficile à « rendre Agile ».

AgileLavalSession2L’idée que j’ai retenue et qui me parait la plus intéressante est de bien positionner le rôle du testeur dans un projet Scrum. Le product Owner rédige la user voice de la user story, L’équipe de tests rédige les tests d’acceptances, le tout en maintenant une forte coopération avec le reste de l’équipe. Cette équipe devient alors un véritable acteur du backlog et des user stories.

 

Bertrand a également parlé du Testing Quadrant qui me semble un concept intéressant à creuser pour définir la stratégie de test d’un projet Agile.

En fait c’est bien là-dessus que Bertrand a insisté : Un projet Agile ne doit pas oublier de définir sa stratégie de tests !

Keynote #2 : Agilité, Biomimétisme et Pédagogie par Christian Den Hartigh

(…sans voix…)

Cette keynote m’a laissé sans voix. Christian exercice le métier de professeur de français en collège et se présente comme un artisan pédagogue.

C’est vraiment trop difficiel de résumé sa keynote. Prouesse qu’a réussi Aurélien :

AgileLavalKeynote2

J’ai adoré tout le contenu et je ne partage que 2 points avec vous.

Le premier est l’origine et l’évolution du mot management. Christian nous raconte que le mot signifie à son origine « prendre soin de sa famille et de sa maison ». Il est ensuite usité successivement dans le monde de l’école, de l’hôpital, de l’équitation pour terminer dans le monde de l’entreprise. Puis avec le taylorisme, s’ajoute la notion de « profit’ dans ce mot management. Mais à l’origine il s’agit bien de « Prendre soin des personnes ».

Ce petit rappel étymologique m’a plu voire pourrait me permettre d’endosser ce rôle de « manager » comme « prendre soin de ses collègues ».

Le second point : les différents exemple de « gamification » que Christian utilise avec sa classe. Christian fait prevue d’une grande créativité pour créer/adapter des jeux/process en toute circonstance : Ecrire une histoire, apprendre à conjuguer, s’auto-évaluer. Il a toujours en tête l’autonomie de l’élève, la collaboration entre eux, que l’élève apprene de lui même. C’est un véritiable « Manager d’élève », il prend soin de ses élèves.

Ne pouvant pas vous citer tout ce que j’ai aimé, je vous invite tout simplement a aller le voir en conférence. Si vous ne pouvez pas, en voici une filmée : https://www.youtube.com/watch?v=3o8iGyh2nbk

Session #3 : La Communication Non Violente au service de l’agilité par Philippe Gabriel

A peine rentré dans la salle Philippe nous invite à 5 minutes de « recentrage sur soi ». Puis il nous demande « Comment vous sentez vous ? » Et voilà, nous rentrons dans le sujet avec un décryptage des émotions à travers la roue de Plutchik.

Il nous rappelle les 3 grands cas d’utilisation ainsi que les 4 étapes OBSD de la CNV.

Ayant moi même entrepris la lecture de « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) » de Marshall Rosenberg, cette conférence m’a fait du bien pour retrouver ces apprentissages très bien formulés et présentés par Philippe.

J’ai particulièrement aimé cette conférence car j’ai senti que la découverte de la CNV avait véritablement touchée Philippe et il m’a largement communiqué son enthousiasme pour cette nouvelle langue à apprendre comme il le dit.

Je ne suis pas le seul à avoir aimé cette session, le ROTI parle de lui même :

AgileLavalSession3

Je me permets au passage de proposer une autre référence de livre lié à la CNV dans le monde de l’éducation : Pédagogie positivie de Chatherine Gueguen préfacé par Thomas D’ansembourg.

Session #4 : Agile, DevOps, Lean, Design Thinking
Et si tout n’était qu’une question d’empathie ? par Sylvain Révérault et Serge Hardy

Pour clôturer la journée, je suis aller voir Sylvain et Serge qui nous parlaient d’empathie. Ils m’avaient convaincu de choisir leur session lors de notre trajet matinal Rennes-Laval. Maxime, si tu me lis, une nouvelle fois désolé d’avoir raté ta session mais peut être que je pourrais la voir à Agile Tour Rennes ?

Cette session démarre par une vidéo très loin du sujet et pourtant il ne devait pas y avoir mieux pour saisir le concept de l’empathie. J’ai ensuite découvert l’origine du mot dans le monde artistique : Projeter sa propre sensibilité sur un objet, une oeuvre d’art.

En bons scientifiques, ils nous ont exposé le lien entre les neurones miroirs découverts par
hasard par la neuroscience et l’empathie. Très explicite.

Leur discours final était de démontrer que l’empathie est un élément important dans les pratiques et mouvements cités dans le titre. 2 exemples rapides : En design thinking, il faut se mettre à la place de l’utilisateur, donc être en empathie avec l’utilisateur pour aboutir à un design adéquat. Le DevOps nécessite que le dév et l’ops comprennent, s’approprient les problématiques de l’autre pour que la démarche fonctionne ; L’empathie est donc nécessaire.

Bref…

J’ai passé une très belle journée. Les sessions étaient riches et comme d’habitude le choix difficile.Strip-Retour-de-conf-650-final

Milles mercis aux organisateurs, aux sponsors, aux orateurs et aux participants avec qui j’ai échangé.

AgileLavalCloture

J’essaierais d’y retourner l’année prochaine, pourquoi pas en orateur si j’ai un sujet intéressant à proposer. A ce propos, il est toujours difficile de savoir ce qu’attendent les participants autour de l’agilité.

J’entends d’ailleurs souvent cette phrase : « Je n’ai pas appris grand chose, ce sont toujours les mêmes sujets. » Si comme moi cette réflexion vous intrigue ou si vous êtes tout à fait d’accord avec cette affirmation et avez des attentes sur des contenus aujourd’hui peu présent lors de ces conférences, je vous propose que l’on en discute lors de l’Agile Tour Rennes pour en parler  (stand Association Agile Rennes) ?

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